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  comment organiser une action

Comment organiser une action féministe

 

pour le 8 mars 2009?

 

 

 

8 mars 2009

 

Toujours, Rebelles!

La droite à la poubelle!

March 8th, 2009

Resist, make waves!

Women, let’s misbehave!

                     

Organiser une action, ce n’est vraiment pas la mer à boire! Au rassemblement, plus de 20 actions ont été organisées et réalisées en un après-midi. Surtout pour des jeunes féministes survoltées et pleines de désir de changer des choses! Les jeunes féministes se réunissaient en ateliers pour discuter d’un thème précis et s’entendaient ensuite sur une action à poser en lien avec cette thématique, le tout favorisant le passage de l’analyse féministe à l’action féministe rapidement et en groupe ! Il est clair que vous mourrez d’envie de retenter l’expérience pour le 8 mars 2009 ! Jeunes féministes, la parole et l’action sont à vous! Sky is the limit !

 

Voici quelques suggestions féministes sur l’organisation d’une action!  

 

Mais d’abord, pour nous inspirer, nous reprenons quelques extraits du Manifeste du Rassemblement pancanadien des jeunes féministes :

 

 

Préambule

 

Pourquoi être féministe?

«On nous dit que le féminisme est dépassé. Si c'était vrai, nous n'aurions pas besoin de dénoncer le fait que :

Dans la réalité, bon nombre des revendications de nos mères et de nos grand- mères demeurent sans réponses. Les femmes continuent à être victimes de violence sexuelle. Nos communautés sont hantées par le silence qui entoure ces agressions. Dans tout le Canada, et bien que nous y ayons droit, les services d'avortement demeurent insuffisants. Partout au pays, des femmes colonisées, marginalisées, racisées et handicapées se voient forcées de subir des avortements non-désirés ou sans disposer des informations adéquates, sont obligées d'avoir recours à la contraception ou même sont stérilisées contre leur gré. L'hypersexualisation des femmes dans les médias nous a appris à voir les femmes comme des objets sexuels plutôt que comme des êtres humains à part entière. La jouissance, le lesbianisme ou le fait d'être queer sont tabous et le choix d'une femme de rechercher le plaisir sexuel est perçu négativement. Nos identités sont érodées dès notre plus tendre enfance, alors que notre éducation, la télévision et les magazines nous dictent que notre apparence, notre façon de nous habiller et notre façon d'agir sont déterminées par notre sexe. La violence est normalisée, les agressions sexuelles érotisées. Notre éducation à la santé sexuelle est inadéquate et nos droits reproductifs sont bafoués. Nos besoins sont loin d'être comblés.»

Extrait du manifeste du Rassemblement pancanadien des jeunes féministes

 

Que pouvons nous-faire?

«Nous allons : Changer d'attitude: nous fâcher, refuser, résister, claquer la porte, riposter!

Nous allons : Transformer nos vies quotidiennes et nos relations: chaque petite interaction peut devenir un terrain d'action

Nous allons : Encourager chaque personne à se connaître, à s'aimer et à prendre soin d'elle-même et de son corps

Nous allons : Favoriser la création d'espaces sécuritaires et accessibles où les personnes pourront se définir et s'exprimer sans crainte d'être jugées

Nous allons : Créer des alternatives, écrire de la poésie, des articles, des lettres, faire de l'art

Nous allons : Nous unir avec d'autres, trouver des terrains communs, bâtir des communautés, créer des espaces et des rassemblements féministes, sensibiliser, éduquer, diffuser nos idées

Nous allons : Croire qu'un monde meilleur est possible et travailler à le construire

Nous allons : Nous organiser et lutter: bâtir des alliances avec les organisations féministes existantes et en créer de nouvelles, lutter ensemble et en solidarité, être vues et entendues, déranger, troubler, déstabiliser les pouvoirs établis, devenir des "saboteuses culturelles"

Nous allons : Construire des solidarités basées sur les points communs de nos diverses luttes et perspectives

Nous allons : Valoriser les gens plutôt que l'argent et les profits

Nous allons : Exiger un réinvestissement massif de l'État dans les programmes sociaux et la fin des privatisations

Nous allons : Organiser des journées pancanadiennes d'actions féministes décentralisées contre la montée de la droite

Nous allons : Dénoncer, résister et combattre les projets de loi et les lois sexistes qui menacent nos droits reproductifs, les lois d'immigration racistes, la guerre, le libre-échange, la criminalisation des mouvements sociaux et des militantEs, l'exploitation par les entreprises, le pillage de la terre et la violence envers les femmes

Nous allons : Défendre et promouvoir la sécurité, le respect, la justice, la liberté, l'égalité et la SOLIDARITÉ!

Extrait du manifeste du Rassemblement pancanadien des jeunes féministes

 

 

PASSER à l’action !

L’ABC de l’organisation d’une action

 

A. Se réunir!

Pour organiser une action, il suffit de se réunir en rassemblant une belle gang de 2 à 2000 jeunes féministes. Tous les rêves sont permis! Le féminisme, c’est contagieux! Vous pouvez former une gang pour une action seulement, ou vous constituer en collectif, groupe d’affinité, équipe, etc. et vous donner un nom si vous le voulez! Y’a pas de limite à la créativité!

 

B. Partager nos analyses de la conjoncture canadienne (ou autre) au niveau social, politique, économique

C’est en discutant et en partageant nos analyses de la conjoncture et de son impact sur les jeunes femmes et sur le mouvement féminisme que nous apprenons à nous connaître et que nous nous reconnaissons jeunes féministes.

 

C. Discuter et s’entendre sur l’objectif de l’action

Quels sont les désirs des jeunes féministes voulant organiser une action? Que sommes-nous en mesure de faire? Quelles sont les craintes, s’il y en a? Qui nous appuie? Que voulons-nous dénoncer? Que voulons-nous proposer? Voulons-nous revendiquer quelque chose? À qui? Bref, quel est l’objectif de notre action (dénoncer, revendiquer, se réapproprier espace public, faire de l’éducation populaire, réaliser une action festive, mobiliser, sensibiliser au féminisme, discuter, approfondir notre analyse, confronter, obtenir réparation, obtenir justice, etc.)?

 

 

 

D. Discuter de la cible et de la forme de l’action

Un « remue-méninge » sur des actions possibles le 8 mars 2009, ça vous tente? Lancez des idées, rêvez, imaginez, ne vous censurez pas, ça peut être n’importe quoi ! Vous pouvez ensuite discuter et choisir en groupe l’action que vous organiserez pour la première Journée pancanadienne d’actions décentralisées des jeunes féministes du 8 mars 2009!  

(Voir document «Des idées d’animation pour un atelier d’organisation d’actions féministes»).

 

Banque d’idée d’actions

 

Voici une banque d’actions possibles et non-exhaustives. Certaines actions comportent aussi des références sur comment les organiser.  Nous vous suggérons cette banque d’idée pour ouvrir nos horizons sur les possibilités d’action le 8 mars prochain!  Laissez place à votre imagination!

 

·             Atelier sur la montée de la droite (des outils, dont un canevas d’animation, sont sur www.rebelles2008.org)

·             Faire connaître le manifeste des jeunes féministes :

o        Théâtre féministe invisible à partir du manifeste (sur le théâtre invisible http://nopasaran.samizdat.net/article.php3?id_article=1236)

o        Chanter le manifeste devant des lieux symboliques

o        Distribuer le manifeste dans la rue

o        Faire connaître le manifeste aux organisations féministes en demandant un rendez-vous à ces organisations

o        Lire le manifeste des jeunes féministes dans des endroits publics

o        Aller porter le manifeste aux éluEs municipaux, à des députéEs, etc.

o        Élaborer des revendications à partir du manifeste

·             Manifestation (pas besoin d’être 500 pour manifester, une vingtaine suffit à faire une belle petite manif!)

·             Rassemblement devant un lieu symbolique avec ou sans action symbolique, créative, festive, etc.

·             Contingent jeune féministe dans une manifestation plus large

·             Batucadas féministes (sur les Batucadas féministes http://netfemmes.cdeacf.ca/les_actualites/lire.php?article=10525 )

·             Soirée de réflexion-discussion sur des enjeux féministes

·             Détournement de publicité ou culture jamming (http://www.businesspme.com/articles/communication/71/le-detournement-publicitaire.html)

·             Party féministe

·             Commando d’autocollants féministes

·             Occuper un lieu symbolique (sur les occupations http://www.asse-solidarite.qc.ca/IMG/pdf/ABCoccup.pdf )

·             Action symbolique ou directe contre une transnationale qui exploite les femmes

·             Action symbolique ou directe devant un bureau d’une personnalité qui est contre l’avortement

·             Commando de graffitis féministes

·             Déroulement de bannière devant un lieu symbolique

·             Chanter des chansons féministes devant des lieux où les femmes sont perçues comme des objets sexuels

·             Distribution de dépliants contre les agressions sexuelles dans les bars

·             Réclame ta rue – Reclaim the street (sur le réclâme ta rue http://www.reclametarue.resist.ca/)

·             Retraite féministe

·             Cheerleading radical dans les rues, devant un commerce ou une transnationale, dans une manifestation plus large, etc. (http://radcheers.tripod.com/)

·             Cibler des masculinistes et leur octroyer un vaccin symbolique contre le machisme

·             Détruire le patriarcat en détruisant publiquement une pinhata le symbolisant

·             Coller des avis d’éviction ou aller les remettre à des institutions ou individus menaçant ou ne respectant pas les droits des femmes

·             Confronter un prof machiste ou sexiste : bannière ou interpellation publique en classe ou à son département

·             Plainte ou une pétition sur des publicités sexistes

 

 

E. Répartir le travail de préparation de l’action : jeunes féministes à l’œuvre!

Une fois l’action choisie, discuter collectivement de qui seront les personnes responsables pour :

·         Le repérage/ élaboration des scénarios : aller sur les lieux, repérer un trajet si c’est une manifestation, réfléchir aux diverses manières dont l’action doit se passer et aux solutions de rechange envisageables, etc.

·         L’élaboration des contenus, outils, tracts, ou revendications : qu’est-ce qu’on critique? Qu’est-ce qu’on veut à la place? Rédiger une proposition de tract à soumettre au groupe si ça s’applique à votre action, si vous voulez mettre de l’avant des revendications.

·         La mobilisation : faire en sorte que du monde vienne, faire connaître l’événement, distribuer des tracts, faire des affiches, diffuser l’information sur Internet, etc.

·         Les médias : voulez-vous que votre action soit médiatisée? Si oui, vous pouvez donc choisir des porte-parole médias pour l’action, vous pouvez aussi rédiger un communiqué de presse à soumettre au groupe afin d’avoir l’accord de toutes. (Voir document «Comment médiatiser une action en quelques étapes»).

·         Les éléments visuels de l’action : des artistes ont le goût de faire des bannières, pancartes, affiches, etc. ? C’est le moment!

·         L’animation de l’action si besoin est : musique, slogans, chansons. etc.

·         La logistique : achat, location de matériel ou de salle, nourriture, si tel est le cas, etc.

 

Gardez en tête que l’action a été élaboré collectivement. Nous vous invitons à discuter ensemble des différents scénarios qui pourraient se présenter pendant l’action et de prévoir des plans A, B et C à l’avance. Si des changements de dernière minute doivent être faits, assurez-vous que tout le monde soit d’accord et au courant!

 

P.S. Ces rôles ne sont pas nécessairement utiles pour toutes les actions, ça dépend de l’action que vous organiserez et de ce qui vous tente!

 

F. Pendant l’action

Qui fait quoi pendant l’action?

·         Animatrice(s) de l’action

·         Mobbeuses : distribuent des tracts aux passantEs, leur expliquent le but de l’action, etc.

·         Décoratrices : posent des autocollants, fait des graffitis, dessinent par terre, etc. afin de laisser la couleur des jeunes féministes partout!

·         Éclaireures : Si votre action est une marche, une manifestation ou un rassemblement, ces personnes s’assurent que la voie est libre et de penser à d’autres itinéraires ou lieux si besoin est.

·         Porte(s)-parole(s) pour les médias

·         Personnes en charge de la «sécurité»  (pour s’assurer veiller à ce que rien ne perturbe l’action selon le plan convenu entre les organisatrices).

·         Personnes en charge des relations avec la police

 

 

G. Nos droits et les risques, si tel est le cas

Les lieux publics sont les endroits privilégiés pour des actions de protestation, de dénonciation, d’intervention, de théâtre invisible, de théâtre de rue, etc. puisque ce sont les lieux où nous pouvons être visibles – ce qui est fondamental dans la plupart des actions !  Dépendamment du choix de l’action,  certaines peuvent comporter des risques. Parfois même des actions qui nous semblent inoffensives peuvent comporter un risque d’arrestation lorsqu’elles se déroulent dans des lieux publics. Les risques (arrestation, violence, accident, …) doivent être évalués collectivement et pris en compte dans le choix de l’action, en évitant toutefois de semer la « panique » au sein du groupe en l’abordant de manière trop stressante. Vous pouvez  essayer de départager les risques réels des risques perçus en groupe en s’informant auprès des personnes qui connaissent les lois et les pratiques policières. Vous pouvez aussi choisir collectivement 2 personnes responsables des relations avec la police pendant l’action et quelqu’une en charge du soutien légal si besoin est : cela peut être une personne qui ne participe pas directement à l’action, mais qui peut organiser le soutien juridique et politique en cas d’arrestation.

 

Ça aide énormément que les participantes à l’action connaissent leurs droits et savent quoi faire en cas d’intervention de la police, mais sans rendre ça plus épeurant que ça l’est réellement! La consultation d’unE avocatE sympathique est  très pratique ainsi qu’avoir son numéro sur soi lors de l’action. Il y a aussi des guides sur les droits disponibles sur le web. En voici un : http://www.blocpot.qc.ca/files/COBP_surprise-fr.pdf.

 

On vous suggère de ne pas quitter les lieux de l’action seules dans le cas d’actions pouvant comporter des risques d’arrestation!

 

Mais surtout, profitez de cette action féministe en pensant à toutes les autres jeunes féministes qui en organisent partout au Canada !

 

H. Retour collectif sur l’action

Après l’action, vous pouvez faire une évaluation de cette action avec toutes les organisatrices et en profiter pour fêter cette action avec toutes les jeunes féministes participantes!

 

A-t-on atteint nos objectifs? Est-ce que tout s’est déroulé comme prévu? Y a-t-il des malaises? Points positifs de l’action? L’organisation de l’action était-elle démocratique? Veut-on en refaire une autre? Avons-nous sensibilisé des gens? Si quelque chose était à refaire autrement, qu’est-ce que ça serait? 

 

 

 

Rebelles, activons-nous!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Document préparé par le Comité organisateur de « Toujours RebELLEs! », février 2009

En bonus...

Pour celles qui veulent aller plus loi, voici d’autres suggestions!

 

 

Réflexion stratégique et tactique

 

Avant l’action, il peut être intéressant d’évaluer les éléments suivants :

 

o        Quelles sont nos forces? Nos faiblesses?

o        Qui sont nos alliéEs?

o        Quelles sont nos possibilités réelles de gains?

o        Est-ce que notre action s’inscrit dans une stratégie à court, moyen, long terme?

o        Est-ce une bonne tactique compte tenu de nos objectifs et de la conjoncture?

 

Pour évaluer nos moyens de lutte, on doit identifier les acteurs ainsi que leurs forces et faiblesses ainsi que nos alliéEs potentielLEs. Que sommes-nous en mesure de faire? Quels sont les désirs des jeunes féministes voulant organiser une action? Quelles sont leurs craintes? Qui nous appuie?

 

 

Les différents types d’action possibles

 

Il existe plusieurs types d’actions : action symbolique, action directe, action légale, action illégale.

 

L’action symbolique vise à faire pression sur le gouvernement ou une entreprise, pour qu’il ou elle change ses politiques et/ou à rallier l’opinion publique sur un sujet particulier, comme par exemple la violence faite aux femmes. L’impact de ces actions dépend de la bonne foi de la cible à nous écouter et/ou de la couverture médiatique. Ex.: des manifestations légales comme celles contre la guerre en Irak en 2003 partout au pays.

 

L’action directe vise à modifier directement la situation contre laquelle on manifeste, sans passer par un intermédiaire (comme l’opinion publique ou le gouvernement) pour effectuer les changements. L’action directe ne nécessite pas la coopération des autorités ou des médias pour donner des résultats. Ex.: l’occupation d’un immeuble vide qui pourrait loger des gens ayant des problèmes de logement.

 

La désobéissance civile englobe toute infraction ouverte et intentionnelle à la loi, exercée habituellement de façon non-violente, pour des motifs sociaux et politiques. Ex. : s’enchaîner aux portes d’une grande entreprise ou à un bâtiment qui sera rasé, etc.

 

L’action de résistance créative  peut puiser dans les trois autres types d’action présentés, mais à la différence que la composante créative y est à l’avant-plan. Peu importe l’action, il y aura un aspect créatif, voir même ludique si cela est souhaité! Ce type d’action peut parfois permettre de rejoindre plus de pe

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