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L’Algérie associative en net déclin
A l’époque, on parlait déjà de plusieurs milliers de collectifs associatifs. Leur action a touché de nombreux créneaux : social, culturel, écologique, sportif, professionnel, caritatif...


Cependant, la ferveur ne fut que de courte durée et le tissu tant espéré s’est avéré, avec le temps, un haillon !On s’attendait, en effet, à une dynamique qui s’installera dans la durée, d’autant plus que le champ associatif a été verrouillé et soumis, depuis l’indépendance, à un contrôle administratif rigoureux (la circulaire de mars 1964 et l’ordonnance de 1971 ont accordé à l’Administration des pouvoirs disproportionnés pour contrôler la création et le fonctionnement des associations). Il est vrai que par rapport à la période du parti et de la pensée uniques, il y a eu un essor considérable. Néanmoins, très peu de structures ont pu survivre et s’imposer dans un environnement pas très favorable - mais pas tout à fait hostile, non plus. Fonder et faire fonctionner une association pour le bien de la collectivité, exigent des dévouements et des sacrifices. Comme dit l’adage, heureux ceux qui cultivent les rêves, mais les rêves exigent des sacrifices et peu de rêveurs survivent ! A l’heure actuelle, les responsables du ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales parlent de 75 000 associations dont plus de 1000 à caractère national. Un tel chiffre paraîtrait important aux yeux de certains. Pourtant, la France, à titre comparatif, compte plus d’un million d’associations, dont 70 000 ont été créées entre 2003 et 2004 ! Puis, sur 75 000 associations, très peu activent réellement dans l’espace public. Loin de la problématique du nombre (qui reste d’ailleurs à vérifier), c’est l’efficacité, le rendement et le fonctionnement du tissu associatif existant qui sont sujets à polémique. Partant d’un ensemble de données, certains parlent déjà de la faillite du mouvement associatif. Quelles en sont les raisons et comment est-on arrivé là ? "Au-delà du lyrisme politique suscité par la promulgation de la loi 90-31, il reste que les organisations associatives sont confrontées à des contraintes majeures qui les contrarient dans leur volonté de s’ériger en partenaire des institutions de l’Etat dans la gestion des questions posées par le développement économique et social", a noté M. Ferrah dans une étude portant sur "la dynamique associative en Algérie". Pour lui, la base sociale des associations demeure étroite. "Du point de vue quantitatif, les taux d’adhésion demeurent relativement faibles et les associations ne regroupent qu’une infime partie de la population", a-t-il observé. Au plan fonctionnel et organisationnel, le chercheur a constaté que "les associations se distinguent par un fonctionnement peu démocratique (...) L’ensemble de ces caractéristiques témoigne de ce que le monde associatif algérien est encore en construction". A cela s’ajoutent d’autres handicaps. Il s’agit, selon l’auteur de cette étude, de la fragilité des structures, de la modicité des financements octroyés par l’Etat, de la faible représentation des localités, des carences en matière de management, de l’insuffisance de l’outillage méthodologique, etc. Il faut relever également un autre phénomène qui a été fatal pour l’évolution du mouvement associatif : le déchaînement de la violence islamiste durant les années 1990 qui, il faut le dire, a eu des effets catastrophiques sur le tissu social. La donne sécuritaire ne fut pas, toutefois, la seule à avoir freiné la dynamique associative. L’instabilité politique qui a marqué l’Algérie durant cette période a eu des implications préjudiciables sur nombre d’associations. Autrement dit, la maladie qui a rongé la classe politique a fini par atteindre les associations censées être "apolitiques ". Beaucoup parmi elles ont troqué leur mission d’utilité publique contre celle d’utilité politique. Pour étendre leur emprise sur le tissu social, les pouvoirs publics et même les leaders politiques n’ont pas lésiné sur les moyens. Chantages financiers, asservissements, intronisations des opportunistes et autres personnages obséquieux maniables à merveille sont entre autres procédés ayant paralysé le tissu associatif. Nombreux, en effet, sont les présidents d’association qui sont davantage tentés par une carrière politique ou administrative que par le bien-être de la collectivité. Pour eux, l’organisation ne sert à rien d’autre qu’à se faufiler dans les travées du pouvoir politico-administratif. Conséquence : les associations sont, à quelques exceptions près, transformées en des appendices de l’Administration et contrôlées par des groupes affiliés à des structures politiques. Djamal Ould Abbas, ministre de l’Emploi et de la Solidarité nationale, a presque naïvement accrédité ce constat. Il a, en effet, déclaré récemment que le mouvement associatif a récolté 500 000 signatures au profit de Abdelaziz Bouteflika, alors candidat à la présidentielle du 8 avril 2004 ! Les associations qui ont ouvertement soutenu son candidat rival, Ali Benflis en l’occurrence, ont fait le même travail. N’est-ce pas le meilleur exemple de l’instrumentalisation éhontée des associations à des fins politiques ?
L’Algérie associative en net déclin
A l’époque, on parlait déjà de plusieurs milliers de collectifs associatifs. Leur action a touché de nombreux créneaux : social, culturel, écologique, sportif, professionnel, caritatif...
 
Cependant, la ferveur ne fut que de courte durée et le tissu tant espéré s’est avéré, avec le temps, un haillon !On s’attendait, en effet, à une dynamique qui s’installera dans la durée, d’autant plus que le champ associatif a été verrouillé et soumis, depuis l’indépendance, à un contrôle administratif rigoureux (la circulaire de mars 1964 et l’ordonnance de 1971 ont accordé à l’Administration des pouvoirs disproportionnés pour contrôler la création et le fonctionnement des associations). Il est vrai que par rapport à la période du parti et de la pensée uniques, il y a eu un essor considérable. Néanmoins, très peu de structures ont pu survivre et s’imposer dans un environnement pas très favorable - mais pas tout à fait hostile, non plus. Fonder et faire fonctionner une association pour le bien de la collectivité, exigent des dévouements et des sacrifices. Comme dit l’adage, heureux ceux qui cultivent les rêves, mais les rêves exigent des sacrifices et peu de rêveurs survivent ! A l’heure actuelle, les responsables du ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales parlent de 75 000 associations dont plus de 1000 à caractère national. Un tel chiffre paraîtrait important aux yeux de certains. Pourtant, la France, à titre comparatif, compte plus d’un million d’associations, dont 70 000 ont été créées entre 2003 et 2004 ! Puis, sur 75 000 associations, très peu activent réellement dans l’espace public. Loin de la problématique du nombre (qui reste d’ailleurs à vérifier), c’est l’efficacité, le rendement et le fonctionnement du tissu associatif existant qui sont sujets à polémique. Partant d’un ensemble de données, certains parlent déjà de la faillite du mouvement associatif. Quelles en sont les raisons et comment est-on arrivé là ? "Au-delà du lyrisme politique suscité par la promulgation de la loi 90-31, il reste que les organisations associatives sont confrontées à des contraintes majeures qui les contrarient dans leur volonté de s’ériger en partenaire des institutions de l’Etat dans la gestion des questions posées par le développement économique et social", a noté M. Ferrah dans une étude portant sur "la dynamique associative en Algérie". Pour lui, la base sociale des associations demeure étroite. "Du point de vue quantitatif, les taux d’adhésion demeurent relativement faibles et les associations ne regroupent qu’une infime partie de la population", a-t-il observé. Au plan fonctionnel et organisationnel, le chercheur a constaté que "les associations se distinguent par un fonctionnement peu démocratique (...) L’ensemble de ces caractéristiques témoigne de ce que le monde associatif algérien est encore en construction". A cela s’ajoutent d’autres handicaps. Il s’agit, selon l’auteur de cette étude, de la fragilité des structures, de la modicité des financements octroyés par l’Etat, de la faible représentation des localités, des carences en matière de management, de l’insuffisance de l’outillage méthodologique, etc. Il faut relever également un autre phénomène qui a été fatal pour l’évolution du mouvement associatif : le déchaînement de la violence islamiste durant les années 1990 qui, il faut le dire, a eu des effets catastrophiques sur le tissu social. La donne sécuritaire ne fut pas, toutefois, la seule à avoir freiné la dynamique associative. L’instabilité politique qui a marqué l’Algérie durant cette période a eu des implications préjudiciables sur nombre d’associations. Autrement dit, la maladie qui a rongé la classe politique a fini par atteindre les associations censées être "apolitiques ". Beaucoup parmi elles ont troqué leur mission d’utilité publique contre celle d’utilité politique. Pour étendre leur emprise sur le tissu social, les pouvoirs publics et même les leaders politiques n’ont pas lésiné sur les moyens. Chantages financiers, asservissements, intronisations des opportunistes et autres personnages obséquieux maniables à merveille sont entre autres procédés ayant paralysé le tissu associatif. Nombreux, en effet, sont les présidents d’association qui sont davantage tentés par une carrière politique ou administrative que par le bien-être de la collectivité. Pour eux, l’organisation ne sert à rien d’autre qu’à se faufiler dans les travées du pouvoir politico-administratif. Conséquence : les associations sont, à quelques exceptions près, transformées en des appendices de l’Administration et contrôlées par des groupes affiliés à des structures politiques. Djamal Ould Abbas, ministre de l’Emploi et de la Solidarité nationale, a presque naïvement accrédité ce constat. Il a, en effet, déclaré récemment que le mouvement associatif a récolté 500 000 signatures au profit de Abdelaziz Bouteflika, alors candidat à la présidentielle du 8 avril 2004 ! Les associations qui ont ouvertement soutenu son candidat rival, Ali Benflis en l’occurrence, ont fait le même travail. N’est-ce pas le meilleur exemple de l’instrumentalisation éhontée des associations à des fins politiques ?
L’Algérie associative en net déclin
A l’époque, on parlait déjà de plusieurs milliers de collectifs associatifs. Leur action a touché de nombreux créneaux : social, culturel, écologique, sportif, professionnel, caritatif...
 
Cependant, la ferveur ne fut que de courte durée et le tissu tant espéré s’est avéré, avec le temps, un haillon !On s’attendait, en effet, à une dynamique qui s’installera dans la durée, d’autant plus que le champ associatif a été verrouillé et soumis, depuis l’indépendance, à un contrôle administratif rigoureux (la circulaire de mars 1964 et l’ordonnance de 1971 ont accordé à l’Administration des pouvoirs disproportionnés pour contrôler la création et le fonctionnement des associations). Il est vrai que par rapport à la période du parti et de la pensée uniques, il y a eu un essor considérable. Néanmoins, très peu de structures ont pu survivre et s’imposer dans un environnement pas très favorable - mais pas tout à fait hostile, non plus. Fonder et faire fonctionner une association pour le bien de la collectivité, exigent des dévouements et des sacrifices. Comme dit l’adage, heureux ceux qui cultivent les rêves, mais les rêves exigent des sacrifices et peu de rêveurs survivent ! A l’heure actuelle, les responsables du ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales parlent de 75 000 associations dont plus de 1000 à caractère national. Un tel chiffre paraîtrait important aux yeux de certains. Pourtant, la France, à titre comparatif, compte plus d’un million d’associations, dont 70 000 ont été créées entre 2003 et 2004 ! Puis, sur 75 000 associations, très peu activent réellement dans l’espace public. Loin de la problématique du nombre (qui reste d’ailleurs à vérifier), c’est l’efficacité, le rendement et le fonctionnement du tissu associatif existant qui sont sujets à polémique. Partant d’un ensemble de données, certains parlent déjà de la faillite du mouvement associatif. Quelles en sont les raisons et comment est-on arrivé là ? "Au-delà du lyrisme politique suscité par la promulgation de la loi 90-31, il reste que les organisations associatives sont confrontées à des contraintes majeures qui les contrarient dans leur volonté de s’ériger en partenaire des institutions de l’Etat dans la gestion des questions posées par le développement économique et social", a noté M. Ferrah dans une étude portant sur "la dynamique associative en Algérie". Pour lui, la base sociale des associations demeure étroite. "Du point de vue quantitatif, les taux d’adhésion demeurent relativement faibles et les associations ne regroupent qu’une infime partie de la population", a-t-il observé. Au plan fonctionnel et organisationnel, le chercheur a constaté que "les associations se distinguent par un fonctionnement peu démocratique (...) L’ensemble de ces caractéristiques témoigne de ce que le monde associatif algérien est encore en construction". A cela s’ajoutent d’autres handicaps. Il s’agit, selon l’auteur de cette étude, de la fragilité des structures, de la modicité des financements octroyés par l’Etat, de la faible représentation des localités, des carences en matière de management, de l’insuffisance de l’outillage méthodologique, etc. Il faut relever également un autre phénomène qui a été fatal pour l’évolution du mouvement associatif : le déchaînement de la violence islamiste durant les années 1990 qui, il faut le dire, a eu des effets catastrophiques sur le tissu social. La donne sécuritaire ne fut pas, toutefois, la seule à avoir freiné la dynamique associative. L’instabilité politique qui a marqué l’Algérie durant cette période a eu des implications préjudiciables sur nombre d’associations. Autrement dit, la maladie qui a rongé la classe politique a fini par atteindre les associations censées être "apolitiques ". Beaucoup parmi elles ont troqué leur mission d’utilité publique contre celle d’utilité politique. Pour étendre leur emprise sur le tissu social, les pouvoirs publics et même les leaders politiques n’ont pas lésiné sur les moyens. Chantages financiers, asservissements, intronisations des opportunistes et autres personnages obséquieux maniables à merveille sont entre autres procédés ayant paralysé le tissu associatif. Nombreux, en effet, sont les présidents d’association qui sont davantage tentés par une carrière politique ou administrative que par le bien-être de la collectivité. Pour eux, l’organisation ne sert à rien d’autre qu’à se faufiler dans les travées du pouvoir politico-administratif. Conséquence : les associations sont, à quelques exceptions près, transformées en des appendices de l’Administration et contrôlées par des groupes affiliés à des structures politiques. Djamal Ould Abbas, ministre de l’Emploi et de la Solidarité nationale, a presque naïvement accrédité ce constat. Il a, en effet, déclaré récemment que le mouvement associatif a récolté 500 000 signatures au profit de Abdelaziz Bouteflika, alors candidat à la présidentielle du 8 avril 2004 ! Les associations qui ont ouvertement soutenu son candidat rival, Ali Benflis en l’occurrence, ont fait le même travail. N’est-ce pas le meilleur exemple de l’instrumentalisation éhontée des associations à des fins politiques ?


 


 
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